Le Réseau de la Renaissance africaine et de la diaspora (ARDN), de concert avec le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA, en anglais) annonce lancer lundi prochain, à Dakar, une campagne de mobilisation pour amener la société «à donner un carton rouge à toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles».

Cette cérémonie de lancement se tiendra à partir de 10 heures, à l’hôtel King Fahd Palace (KFP), indique un communiqué reçu de l’ARDN, une ONG internationale fondée et dirigée par l’ancien directeur de la communication du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Sénégalais Djibril Diallo.

Elle se déroulera sous la forme d’un panel placé sous la présidence du ministère sénégalais de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection de l’Enfant, en collaboration avec les ministères sectoriels concernés et les agences du Système des Nations unies au Sénégal.

Selon le communiqué, Chantal Yelu Mulop, conseillère spéciale du président de la République Démocratique du Congo, en charge de la Jeunesse et de la Lutte contre les violences faites à la femme, est l’invitée d’honneur de cette cérémonie de lancement au cours de laquelle elle sera nommée «ambassadeur de bonne volonté de l’ARDN».

Il signale que cette campagne «Carton Rouge» contre les discriminations et les violences à l’égard des femmes et des filles a été déjà lancée dans plusieurs pays d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique latine et aux Etats-Unis par l’ARDN, en partenariat avec l’UNFPA, ONU Femmes, le PNUD/Afrique, UNHABITAT, le Conseil présidentiel de la France pour l’Afrique, le gouvernement de Costa Rica et la FIFA.

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L’ARDN note que la violence faite aux femmes et aux filles constitue «l’une des violations des droits humains les plus graves et les plus répandues au monde», citant «des études mondiales» selon lesquelles «35% des femmes, soit près d’1 femme sur 3, indiquent avoir été exposées à des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre au cours de leur vie».

«À l’échelle mondiale, 7 % des femmes ont été agressées sexuellement par une personne autre qu’un partenaire. Jusqu’à 38 % des meurtres de femmes à l’échelle mondiale, sont commis par un partenaire intime et 200 millions de femmes et des filles ont subi des mutilations/excisions génitales féminines», peut-on lire.

Selon l’ARDN, au Sénégal, des statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) datant de 2019, «indiquent des variations de la violence selon le milieu de résidence».

«Le pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans est légèrement plus élevé en milieu rural (27,8 %) qu’en milieu urbain (25,1 %)», ajoute le communiqué.

«Ces violences interpellent sur l’effectivité des droits fondamentaux des femmes et des filles, mais rappellent surtout qu’il est impossible d’atteindre un développement durable tant que les droits à la vie, à la santé, et à l’intégrité physique ne sont pas garantis à tous», souligne le texte.

Aussi, en dépit «des efforts consentis par le gouvernement, l’implication et le dynamisme des partenaires techniques et financiers, de la société civile, et de toutes les parties prenantes, les acquis en faveur de l’élimination des violences restent fragiles face aux obstacles persistants qui empêchent les femmes et les filles de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux et de réaliser leur plein potentiel dans la société».

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C’est dans ce contexte que l’ARDN compte lancer la «Campagne Carton Rouge» pour mettre fin à toutes formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles, «compte tenu de l’importance d’une approche globale pour la prévention et l’élimination de la violence à l’égard des femmes».

APS