L’artiste chanteur et compositeur guinéen Sékouba Bambino Diabaté a dit tout le bien qu’il pense du festival international Jazz de Saint-Louis, qu’il présente comme «l’une des valeurs sûres de l’Afrique» dans ce domaine.

«J’avais toujours entendu du bien de ce festival. Mais je peux affirmer ici, qu’il constitue aujourd’hui, du haut de ses trente ans d’existence, l’une des valeurs sûres de l’Afrique», a-t-il déclaré, peu après s’être produit sur scène, jeudi soir, à l’occasion de la soirée d’ouverture de la 30eme édition de cette manifestation culturelle.

Des spectateurs de différentes nationalités étaient venus savourer la voix mélodieuse de cette légende guinéenne réputée pour sa capacité de fusionner avec brio la musique traditionnelle africaine avec d’autres sonorités du monde.

C’est avec le morceau «Koumakelalou» (Les paroliers, en mandingue) que le chanteur a démarré son show, pour dit-il, souligner «le pouvoir, la puissance de la parole ainsi que le sens de la retenue et de la mesure» dans les propos en toute circonstance.

De 23 heures à minuit, celui qui se définit d’abord comme un griot avant d’être un musicien, a assuré le spectacle, en parfaite symbiose avec son orchestre, en revisitant de grands titres de son répertoire.

Sur un air la plupart du temps velouté, par moment emballant, il a revisité plusieurs titres de son répertoire, des classiques tels que «Diougouya», «Saratenite» ou encore «Apollo». Il a aussi repris une chanson célèbre de sa mère Mariama Samoura.

Né en 1964 à Kintinya, près de Siguiri (Haute-Guinée), Sékouba Bambino, issu d’une famille de griots, s’est très tôt orienté vers la musique, malgré l’opposition de son père.

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En 1979, à 15 ans, il remporte le prix du meilleur chanteur de Guinée, avant de rejoindre l’orchestre national le Bembeya Jazz, à la demande expresse du président guinéen d’alors, Ahmed Sékou Touré.

Au sein de ce groupe mythique, il acquiert le surnom «Bambino» pour qu’il ne soit pas confondu avec l’autre Sékouba Diabaté, lui natif de Tiro (région de Faranah) et cofondateur du Bembeya Jazz en 1961 dont il était un des guitaristes et virtuose. Il en est le chef d’orchestre depuis 2003.

Bambino, qui a une quinzaine d’albums à son actif a entamé depuis plusieurs années une carrière solo qui lui a valu succès et notoriété sur la scène mondiale.

Une ouverture qui lui a par exemple permis d’intégrer le célèbre groupe de salsa Africando comme invité.

Un parcours qui a contribué à façonné et consolidé la signature musicale de Bambino, à cheval entre tradition et modernité.

«Vous savez, chaque pays a sa culture. Moi, je suis musicien et griot avant tout et fier de l’être. Donc, ma musique traditionnelle, c’est ce que je mets en avant partout où je vais, parce que c’est mon identité. Raison pour laquelle j’ai commencé la soirée de ce soir par la musique traditionnelle», a expliqué l’artiste.

Il a fait part de sa «joie», relativement à «l’accueil chaleureux» que lui a réservé le public saint-louisien qui lui a «fait l’honneur de venir faire l’ouverture des trente ans du festival».

«Le public que j’ai vu devant moi aujourd’hui était un bon public. Et ça mérite (…) au moins, pourquoi pas, un nouvel album pour cette ambiance», a-t-il soutenu.

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Le Sénégal et la Guinée, relève-t-il, son «deux pays siamois», ajoutant que lui-même entretient de «très bonnes relations amicales» avec certains de ses homologues dont il se dit «très proches».

Il a notamment cité Coumba Gawlo, Youssou Ndour, Ismaila Lo, Omar Pêne et Nicolas Menheim.