Selon plusieurs médias locaux, le chef de l’État burkinabè serait détenu dans le camp militaire de Karpala, à Ouagadougou.

Un coup d’Etat serait en cours et une déclaration imminente, alors que le chef d’Etat aurait serait détenu dans un camp militaire.

La tension monte encore d’un cran et la situation est confuse au Burkina Faso. Des tirs ont été entendus dimanche en fin de journée près de la résidence présidentielle de Roch Marc Christian Kaboré, à Ouagadougou, la capitale, dans un pays en proie à des violences djihadistes et où des mutineries ont eu lieu dans plusieurs casernes.

Un hélicoptère, tous feux éteints, a également survolé le quartier de la Patte d’oie où se situe la résidence, au moment où ont eu lieu les tirs qui, d’abord nourris, sont devenus sporadiques. Des tirs d’une grande intensité ont également été entendus par des résidents presque au même moment que dans les camps militaires Sangoulé Lamizana et Baba Sy.

La situation demeure néanmoins très floue, alors que la coupure de l’internet mobile depuis dimanche après-midi rend les communications extrêmement difficiles. Selon plusieurs médias locaux, le chef de l’État serait détenu dans le camp militaire de Karpala, à Ouagadougou. Dans la capitale, survolée par des hélicoptères de l’armée, des tirs résonnent régulièrement. Le président Kaboré n’a plus été vu ni entendu depuis dimanche matin quand des mutineries ont éclaté dans plusieurs casernes.

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Les mutins réclament des «moyens adaptés» à la lutte antidjihadiste
Un mouvement d’humeurs des militaires pas forcément inattendu alors que le pouvoir apparaît fragile et que l’armée fait face à de très lourdes pertes sans parvenir à contenir la violence djihadiste. Le gouvernement a, dans un premier temps, semblé contenir cette colère. Un communiqué a vite reconnu la réalité des tirs, avant que le ministre de la Défense ne reconnaisse à la télévision la mutinerie, excluant toutefois toute tentative de coup d’État. Dans le camp Sangoulé Lamizana, l’un des plus grands de la ville, comme à la base aérienne, l’agitation apparaissait devoir baisser. Des revendications avaient été passées à plusieurs médias. Les mutins réclamaient notamment «des moyens adaptés à la lutte» antidjihadiste, «des effectifs conséquents», ainsi que le limogeage de l’état-major. Mais ils n’exigeaient pas le départ du président.

Dans la soirée, toutefois, alors que les militaires étaient rejoints par de plus en plus de civils hostiles à la gestion du gouvernement, les événements se sont accélérés. Des tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers, et autour de la résidence du président. Les militaires sont sortis de leur caserne, laissant redouter un coup de force.

Ce putsch, s’il est avéré, serait le troisième en huit mois en Afrique de l’Ouest. En mai dernier, au Mali, le Colonel Assimi Goïta, déjà auteur d’un coup d’État en août 2020, s’était emparé des pleins pouvoirs. En septembre dernier, en Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya avait renversé le contesté président Alpha Condé.

Comme au Mali, ces mouvements dans des casernes du Burkina surviennent au lendemain de nouvelles manifestations de colère d’habitants excédés par l’impuissance des autorités à faire face à la guerre conduite par les islamistes armés. Des millions de Burkinabès ont été contraint de fuir. Le 14 novembre, une attaque à Inata avait entraîné la mort de 53 gendarmes et soulevé une vaste colère dans les rangs militaires et une profonde incompréhension chez les civils. Depuis les rumeurs de coup d’État s’enchaînaient. Le 10 janvier, l’arrestation du lieutenant-Colonel Zoungrana, accusé d’avoir voulu prendre le pouvoir, n’avait fait que renforcer les craintes.