C’est un produit de consommation du quotidien au Sénégal : la baguette de pain coûte désormais officiellement plus cher dans la région de Dakar. Elle passe de 150 à 175 francs CFA, l’équivalent de 23 à 27 centimes d’euros.

Un prix fixé par le ministère du Commerce, après une rencontre avec les professionnels de la boulangerie, qui se disent satisfaits. L’État avait auparavant suspendu les droits de douane sur le blé et la TVA sur la farine. Mais la décision passe mal auprès de nombreux consommateurs.

La ministre du Commerce et des Petites et moyennes entreprises, Aminata Assome Diatta, a annoncé une hausse à «effet immédiat» de 25 francs CFA sur le prix de la baguette de pain à Dakar, passant de 150 à 175 francs CFA.

Le poids du pain passe également de 190 à 200 grammes, a détaillé Mme Diatta qui a présidé la réunion du Conseil national de la consommation tenue le même jour au siège de son ministère à la sphère ministérielle Habib Thiam de Diamniadio.

Au terme d’une réunion à huis clos de plusieurs heures, la ministre a fait savoir qu’elle saisirait les gouverneurs de région pour la tenue de Conseils régionaux de la consommation afin de fixer dans chaque région, le prix du pain.

«Nous allons vers la hausse du prix du pain pour sauvegarder des emplois, pour préserver la rentabilité de nos entreprises, pour garantir aux consommateurs sénégalais la disponibilité au quotidien du pain de meilleure qualité», a-t-elle expliqué face à la presse cette hausse à «effet immédiat» dans la capitale sénégalaise.

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Pour Aminata Assome Diatta, «l’Etat a fait des efforts en suspendant l’application des droits de douane sur le blé mais également en suspendant l’application de TVA sur la farine».

«Malgré tous ces efforts faits par le gouvernement du Sénégal, les coûts du blé ont augmenté et atteignent aujourd’hui un prix 325 euros la tonne», a-t-elle déploré.

Dans un tel contexte, a-t-elle souligné, «il reste évident que si les prix ne sont pas réajustés, nous assisterons à la fermeture de certaines de nos entreprises».

«Nous avons tous suivi avec beaucoup de regret le ralentissement de la production de la farine par le secteur de la minoterie et avons également assisté à la grève des boulangers. Tout cela nous l’interprétons comme un cri de cœur, un appel au secours de ces différents acteurs», a-t-elle ajouté.

La ministre du Commerce et des Petites et moyennes entreprises a souligné qu’»il était donc urgent d’apporter des réponses pour sauver ces entreprises mais également sauver les emplois qui sont disponibles au niveau de ces entreprises»

«Si ces emplois venaient à disparaître, ce sont des milliers de sénégalais qui allaient souffrir, des familles entières qui allaient dans la précarité, mais, nous avons jugé utile de trouver une solution consensuelle», a-t-elle justifié.

C’est pourquoi, a-t-elle ajouté, avec l’appui du ministère des Finances, plusieurs réunions ont été tenues avec le secteur de la minoterie, mais également avec les boulangers.

Des séances de travail ont été élargies aux associations de consommateurs, selon Aminata Assome Diatta.

Après les efforts consentis par les acteurs, a-t-elle souligné, le ministère a abouti à un prix consensuel mais également demandé aux boulangers de faire des efforts supplémentaires pour que le pain mis à la disposition des consommateurs, soit un pain de qualité.

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La hausse ne concerne pour l’instant que la région de Dakar. Des conseils de la consommation devront se tenir dans les autres régions pour y fixer le prix du pain.