Le championnat populaire de football communément appelé «Navetanes» continue à trainer son lot de violences entre les bagarres en tribunes et sur le terrain, les agressions après les matchs et les dégâts collatéraux causés aux habitants.

Les riverains des stades de la banlieue de Dakar crient leur ras-le-bol et appellent les autorités en charge de la question à trouver des solutions pour leur permettre de sauvegarder leur cadre de vie.

La semaine dernière, le préfet du Département de Guediawaye a décidé de suspendre les matchs de Navetanes suite à d’énièmes scènes de violences qui ont abouti à de fortes dégradations dans le seul stade homologué de ce quartier de la banlieue de Dakar. Les riverains, qui subissent des agressions et d’importantes pertes matériels à chaque match, s’en réjouissent.

«On ne dort plus et on ne mange plus a cause des violences dans les Navetanes», se lamente Ndiaye Deme Ndiaye, qui réside dans cette zone​. «Si j’étais le préfet, j’aurais supprimé cette compétition parce que les équipes sont indisciplinées», ajoute-t-il.

Pour Pape, un autre riverain, tous les acteurs sont fatigués par cette situation, particulièrement les forces de l’ordre. «Il faut aussi reconnaître que les policiers sont très fatigués parce que les manifestants n’ont plus peur des grenades lacrymogènes, les autorités doivent prendre les devants sinon ça peut être pire que ce que l’on voit actuellement», dit-il.

Pour Mouhamed Gueye, le chômage et le manque d’éducation sont les principales causes de cette violence.

«Le constat est général, les jeunes n’ont plus une bonne éducation de base. Leurs croyances et le fondement religieux basés sur nos valeurs ne sont plus aussi solides. Les enfants sont de moins en moins éduqués et respectueux et cela se traduit par ce genre de comportements», analyse-t-il.

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Pour lui, la solution est d’éliminer les Navetanes «dans les plus bref délai et pour une durée de 10 ans minimum».

Des violences qui reviennent telle une spirale négative et qui sont aggravées par des pratiques plus complexes comme les paris sportifs.

C’est l’avis de Mamadou Ndiaye, habitant de Marché Bubess, qui a subi deux violentes agressions suite aux débordements des matchs de Navetanes.

«La violence dans les Navetanes est une maladie incurable», pense-t-il.

Mamadou indique qu’il y a des «choses qui se passent dans les Navetanes qui ne se voient même pas sur les terrains. Il y a des jeunes qui collectent une somme de 150.000 francs CFA pour le parier sur un match», se désole-t-il.

Face à ces appels répétitifs des habitant de Guédiawaye, le préfet a suspendu le championnat. D’autres préfets sont sur le point de faire de même.