L’ancienne directrice du Centre d’études des techniques de l’information (CESTI), Eugénie Rokhaya Aw, a estimé que les médias ne jouent pas pleinement leur rôle dans la valorisation et la promotion des droits de femmes.

« Les médias ne jouent pas le rôle qu’ils devraient jouer dans la valorisation de l’image des femmes’’, a-t-elle déclaré, jeudi, à l’occasion de la table ronde virtuelle organisée par le Think thank Wathi, sur le thème de « La perception de la place des femmes dans la société sénégalaise et le rôle des médias’’.

Selon Mme Aw, présidente du tribunal des pairs du CORED (Conseil pour le respect de l’éthique et de la déontologie dans les médias), la réalité médiatique est aujourd’hui marquée par ’’une confiscation de la parole des femmes, l’absence de la pensée critique et d’une analyse profonde de la question liée à la mise en application des droits des femmes ».

Ce qui donne l’impression, dit-elle, de l’existence d’une ’’volonté d’enfermement des femmes au moment où on se rend compte qu’elles sont sur tous les fronts’’ en tant que ’’leaders, des cheffes d’entreprises, députées (…).’’

A ce propos, elle a souligné que c’est l’organisation même des salles de rédaction qui rend aujourd’hui pratiquement impossible, la faculté pour les acteurs des médias, d’analyser cette situation dans sa profondeur, à cause d’un type de formation qui est donnée et à cause notamment de la rapidité de l’information.

Fort de ce constat, Eugénie Rokhaya Aw est d’avis qu’il est aujourd’hui impératif pour les médias de ’’lutter contre les exclusions’’, en faisant en sorte que ’’quand on parle d’autonomisation des femmes, en fait, on ne pense pas au mauvais regard politique’’.

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Le journaliste-formateur au CESTI, Abdoulaye Ndiaye, a de son côté soutenu que « les femmes ont une parole dans les médias’’ tout en reconnaissant qu’elle n’est pas prise en compte dans sa globalité.

Selon lui, ’’la présence des femmes dans le traitement de l’information et dans leurs fonctions dévolues (…) ont longtemps fait l’objet de nombreux débats’’.

’’Pour avoir été responsable dans un média de service public, à savoir la RTS, nous avons souvent eu à avoir des femmes qui avaient les compétences requises qui ont été limitées au travail de rédaction qui ne les mettaient pas en valeur », a-t-il expliqué, en guise d’illustration.

A l’en croire, ’’ce n’est pas seulement au niveau du secteur des médias qu’il faut déplorer l’absence des femmes ou ce manque de visibilité des femmes’’. C’est un problème qui a également constaté dans ’’les autres secteurs d’activités’’, selon lui.

Avec-APS-