Selon le Fintech city index, le Sénégal se classe à la 9e place au niveau africain pour les start-up.

Suivant la tendance générale en Afrique, on constate une forte présence des fintech dans le paysage des startups technologiques au Sénégal avec 89 % tandis que les Assurtech ne représentent que 7 % de l’environnement tech sénégalais. C’est ce qui ressort d’une étude couvrant 19 pays dont l’objectif est de mieux connaître le secteur, la maturité de ses écosystèmes, ses défis, et de recenser ses acteurs. Près de 255 fintech et plus de 185 acteurs de la communauté de l’innovation africaine ont contribué à l’étude, à travers 13 métiers dont beaucoup sont liés aux paiements et transferts d’argent.

Internet et les nouvelles technologies ont révolutionné le monde : on parle de 4e révolution industrielle ou encore de l’industrie 4.0. Cette révolution a eu un fort impact sur le fonctionnement et la vision des entreprises qui ont dû répondre à une demande des consommateurs de services plus simples et accessibles 24/7. Le secteur financier n’a pas échappé à cette transformation, et, en particulier après la crise économique de 2008, de nombreuses startups ont émergé dans le secteur, appelées « fintech » (contraction de Finance et Technologie, désigne des entreprises combinant la technologie de la donnée et de la mobilité et de nouveaux modèles afin d’offrir des services financiers innovants et de servir les nouveaux besoins des utilisateurs).

Les fintech, en proposant des services à forte composante technologique directement aux utilisateurs finaux, ont su répondre aux attentes des nouveaux consommateurs : transparence, simplicité et rapidité. Elles se sont illustrées dans des services comme la dématérialisation des paiements, la banque en ligne, etc.

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Aujourd’hui, l’Afrique demeure une terre fertile pour les fintech. Sa population jeune – 60 % des Africains sont âgés de moins de 25 ans – est « digital native » et représente un fort potentiel pour les services et produits numériques. Les fintech viennent en particulier répondre à plusieurs angles morts, non ou mal servis à ce jour par le secteur bancaire traditionnel, avec un faible taux de bancarisation (19,3 % en 2018), en particulier en contribuant à plus d’inclusivité du système financier.

Malgré ce potentiel, les fintech en Afrique sont confrontées à de multiples défis, liés à l’insuffisance d’infrastructures nationales ou régionales, l’inexistence de cadre réglementaire spécifique dans certaines régions, la difficulté de mobiliser des financements ou encore la faible éducation financière des populations. Avec un peu plus d’opportunités de financement, émanant du secteur privé africain notamment, les fintech pourraient réaliser leur potentiel et contribuer significativement à l’essor socio-économique du continent.

Africa Fintech Forum, Deloitte Afrique francophone et MicroSave Consulting ont collaboré pour réaliser une étude couvrant 19 pays d’Afrique francophone. L’objectif : mieux connaître le secteur, la maturité de ses écosystèmes, ses défis, recenser ses acteurs. Près de 255 fintech et plus de 185 acteurs de la communauté de l’innovation africaine ont contribué à l’étude, à travers 13 métiers dont beaucoup sont liés aux paiements et transferts d’argent. L’étude s’est focalisée sur quatre types de startups avec une démarcation claire entre les fintech (80 % – secteur bancaire), les « assurtech (8 % – assurances), les « regtech » (réglementation) et les autres.

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Menée au cours du 1er semestre de l’année 2021, cette étude s’est attachée à identifier les startups opérant dans les services financiers numériques pour en établir le profil. Elle propose en outre une analyse structurelle des écosystèmes financiers africains, avec un focus sur la maturité de ces écosystèmes et les freins à leur développement.

Parmi les enseignements, on note que la plupart des fintech ont adopté une approche B2B au détriment du B2C. Les fintech étudiées sont en majorité des microentreprises (avec moins de 50 employés) et plus de la moitié d’entre elles ne disposent pas de plus de 50 clients. Autres informations : très peu de solutions de financement existent pour les premières phases des fintech (création, idéation), les entrepreneurs devant alors se tourner vers d’autres moyens. Ce manque de financement ralentit le développement des fintech en Afrique francophone.

Plusieurs ateliers de restitution par pays sont organisés pour mettre en lumière les spécificités locales des grandes places régionales et pour échanger avec les acteurs locaux. Le prochain aura lieu le 9 novembre au Sénégal.