Le continent africain réunit tous les atouts lui permettant de tirer profit de la relance économique enclenchée de par le monde, suite à la crise consécutive à la pandémie mondiale du Covid-19, ont estimé, mardi à Paris, les participants à une table-ronde organisée dans le cadre de la 3ème édition du forum Ambition Africa.

Sous le titre “L’Afrique, c’est maintenant !”, Carlos Lopes, économiste et ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Abdelmalek Alaoui, PDG de Guepard Group, Hafsat Abiola, Présidente de Women in Africa, Selin Ozyurt, Senior Economist France & Africa d’Euler Hermes et Laurent Goutard, Responsable Afrique, Bassin Méditerranéen et Outre-mer de Société Générale ont été invités à décortiquer les points forts du continent africain ainsi que ses fragilités qui l’empêchent d’amorcer un réel décollage économique.

Ambition Africa 2021: L’Afrique a tous les atouts pour profiter de la relance 1

En ouvrant les débats, Carlos Lopes a déploré d’emblée l’absence de données exactes aussi démographiques qu’économiques en Afrique, où seulement 17 pays ont la comptabilité nationale à jour, relevant que le continent demeure “très dépendant” des projections extérieures avec une “tendance à survaloriser” les aspects domestiques et externes.

Il a plaidé à ce sujet pour le changement du modèle économique africain et une transformation structurelle à travers une interprétation dynamique qui s’adapte au moment actuel, via notamment l’industrialisation de l’économie.

De son côté, Abdelmalek Alaoui a mis en garde que dans le contexte d’une économie de plus en plus interdépendante et globalisée, l’échec de l’Afrique sera un “échec collectif”, ce qui supposera notamment 30 millions de réfugiés climatiques et des difficultés “très importantes” pour l’accès aux matières premières.

L’orateur a souligné que la pandémie du coronavirus a révélé aussi bien les faiblesses que les forces des pays africains, faisant observer que le plus difficile et le grand défi ce n’est pas de battre le Covid, restaurer les équilibres macro-économiques et trouver des financements, des talents et une énergie, mais “de combattre définitivement les idées reçues” sur l’Afrique et les Africains.

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Pour illustrer ses propos, M. Alaoui a mis avant les efforts déployés par le Maroc sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI dans le sillage de la crise sanitaire, notant que le Royaume a réussi à vacciner 65% de sa population et consacrer 10% de son PIB au plan de relance.

Le Maroc, a-t-il ajouté, s’est érigé en modèle en matière de lutte contre le coronavirus, tout en menant des réformes de fond avec notamment 22 millions de Marocains qui bénéficieront de la protection sociale d’ici 2024.

Il a plaidé en outre pour la mise en place d’un partenariat d’égal à égal entre l’Afrique et ses partenaires, soulignant que le changement de paradigme en Afrique passe notamment par la sécurisation du cadre juridique des Etats, l’amélioration du climat d’affaires, la mobilisation du capital et le renforcement de la culture d’entreprenariat outre la promotion de la culture du leadership.

A son tour, Hafsat Abiola a appelé les partenaires de l’Afrique à redoubler d’efforts pour contribuer à l’émergence de ce continent, notamment en contribuant à la consécration de la place de la femme enrepreneure au sein du tissu économique africain.

Mme Abiola a souligné l’urgence de passer des paroles aux actes, plaidant pour une culture de solidarité plus accrue notamment envers des femmes, qui contribuent grandement à l’essor économique en Afrique.

Même son de cloche chez Selin Ozyurt, qui a estimé que la pandémie du Covid-19 a fait découvrir au monde l’Afrique, un continent qui dispose de ressources naturelles “incroyables” et d’une population jeune, mettant en avant la nécessité de revoir les chaînes de valeur et d’augmenter les investissements en Afrique.

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Elle a en outre déploré le fait que l’Afrique, responsable de seulement 5% des émissions de gaz à effet de serre, est le continent qui souffre le plus des effets du changement climatique avec des sécheresses et des déplacements de populations.

Pour sa part, Laurent Goutard a relevé que face aux prévisions les plus pessimistes, l’Afrique a montré une “forte résilience” face à la pandémie à travers des mesures pour protéger les populations et préserver l’emploi, soulignant le rôle et la responsabilité des banques pour contribuer à l’essor de l’Afrique et la relance de son économie lors de l’après-Covid.

Il a fait état de l’existence d’opportunités “énormes” d’investissement en Afrique notamment dans les domaines de la transition verte et de l’innovation, faisant observer que la qualité des ressources humaines en Afrique est un “atout impressionnant”.

La troisième édition du forum économique Ambition Africa, destiné à resserrer les liens économiques et commerciaux entre la France et l’Afrique, s’est ouverte mardi à Paris, avec une forte présence d’entreprises hexagonales et africaines.

La rencontre s’est ouverte à Bercy, siège du ministère de l’Economie, en présence de ministres, d’ambassadeurs et de délégations d’entreprises françaises et en provenance du continent africain.

Organisée par Business France, l’agence française au service de l’internationalisation de l’économie française, cette édition est l’occasion d’aborder les enjeux et les opportunités du continent Africain avec au programme des tables rondes, des conférences, du networking et des rencontres B2B entre les entreprises françaises et africaines.

Le Forum est destiné à dynamiser les relations économiques entre la France et l’Afrique considérée comme le continent de l’avenir.

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