La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), entrée en vigueur le 1er janvier, va permettre à l’Afrique de se parer d’un “manteau juridique” pour être un “interlocuteur crédible” sur la scène internationale, soutient le juriste sénégalais Abdourahmane Diouf, expert en commerce international.

Dans une contribution reprise mercredi par des médias sénégalais, l’ancien directeur exécutif du Club des investisseurs du Sénégal, estime qu’en se dotant d’un secrétariat exécutif, “la ZLECA est en situation de mettre en exergue un intérêt général qui transcende les pays et les régions”.

Pour la première fois, l’Afrique a l’opportunité d’exister dans le commerce mondial et d’avoir les grandes puissances comme interlocutrices dans le cadre de relations bilatérales équilibrées”, souligne M. Diouf.

Il estime toutefois qu’il faut aller plus loin et arriver à une union douanière, ajoutant que la ZLECA aura alors la possibilité d’intégrer l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de dégager des positions de négociations communes, de mettre en œuvre une politique commerciale communautaire et de se positionner comme un bloc monolithique viable.

L’expert explique que les organisations économiques européennes, américaines, asiatiques ou autres, qui sont organisées à travers des Accords commerciaux régionaux (ACR), n’ont pas un accès préférentiel au marché de la ZLECA.

“Les préférences continentales sont assumées”, note-t-il, ajoutant que “c’est une innovation, protégée juridiquement, qui n’ouvre pas de contestations sérieuses chez les partenaires”.

Néanmoins, avertit M. Diouf, “les avantages commerciaux précédemment concédés aux partenaires extérieurs sont coulés dans du marbre. Ils bénéficient d’une clause de statu quo”. Aussi, “c’est une concession qui donne des gages de fiabilité et ne ferme pas les possibilités d’épanouissement commercial dans le futur. L’avenir est à écrire”.

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Dans une autre contribution rendue publique mercredi, l’économiste Kadialy Gassama soutient que l’entrée en vigueur de la ZLECA, avec 34 ratifications sur 54 Etats signataires, constitue “une aube nouvelle et une lueur d’espoir” pour le continent africain.

“Cette entrée du plus grand projet de libre-échange du monde (…) fonde la faisabilité d’une union africaine plus réelle que théorique. L’Afrique espère ainsi mettre fin à une histoire de plusieurs décennies de balkanisation avec 84.000km de frontières qui sont autant de murs qui séparent les Africains”, écrit-il.