C’est le naufrage le plus meurtrier de l’année. Au moins 45 migrants et réfugiés sont décédés au large de la Libye ce mercredi, selon les Nations unies à Genève. Selon les agences de l’ONU pour les réfugiées (UNHCR) et pour les migrations (OIM), les 37 rescapés secourus par des pêcheurs ont raconté que le moteur de leur bateau a explosé au large de Zwara (Libye).

Les survivants originaires du Sénégal, Mali, Tchad et Ghana, ont été placés en détention en Libye, ont ajouté les deux agences. Cette nouvelle tragédie porte le bilan à au moins 302 morts ayant péri en tentant de traverser la Méditerranée. Mais le véritable chiffre est inconnu et sûrement plus élevé, selon les agences.

Les deux agences de l’ONU déplorent également le fait que les sauvetages en mer soient de plus en plus exécutés par des bateaux de l’État libyen, qui ont déjà reconduit plus de 7000 personnes en Libye cette année. En effet, les migrants risquent alors « de subir le conflit en cours, de graves violations des droits humains et une détention arbitraire après le débarquement. » De plus, comme le révèle une enquête du Wall Street Journal publiée le 13 juillet 2020, de plus en plus de personnes migrantes sont arrêtées par les garde-côtes libyens et envoyées dans des centres de détentions non-officiels en Libye, où ils sont torturés, exploités, voire même exécutés.

Il paraît important de rappeler que de nombreux bateaux humanitaires se retrouvent immobilisés par des États européens, comme l’Aquarius en 2018 qui avait été rejeté par l’Italie et Malte ; ces pays entravent ainsi le sauvetage de milliers de personnes en danger de mort. Plus récemment, c’est au tour de l’Ocean Viking de s’être retrouvé bloqué par le gouvernement italien. Il n’y a donc plus qu’un seul navire humanitaire actif en mer méditerranée : le Sea Watch 4.

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