Au Sénégal, la covid-19 a affecté 65% des entreprises, selon le principal responsable de l’Agence de développement et d’encadrement des PME. 40% ont cessé leurs activités, mais pour la grande majorité, ces faillites n’impacteront pas le secteur des assurances.

65% des entreprises au Sénégal sont affectées par les conséquences de la covid-19, si l’on en croit des révélations faites fin mai 2020 par le directeur général de l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME), Idrissa Diabira (photo), lors d’une conférence virtuelle organisée à cet effet. Cette conclusion ressort d’une enquête menée sur 800 entreprises du pays.

40% des managers interrogés ont avoué avoir arrêté leurs activités en raison des différentes mesures de confinement et de distanciation sociale prises pour limiter la propagation du virus, a indiqué le responsable. Logiquement, une fermeture d’entreprise a des conséquences pour les partenaires financiers comme les banques qui pourvoient les crédits et les assurances qui couvrent ces risques.

Les différentes situations de faillite totale ou partielle liées à la covid-19 auraient pu se traduire par des difficultés pour les sociétés d’assurance sur plusieurs fronts. Les entreprises assurées peuvent demander des réparations pour les dommages causés par la conjoncture actuelle. La Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA), l’instance qui régule le secteur des assurances pour un groupe de pays, dont le Sénégal a dans une réponse sur des divergences au Cameroun, demandé aux sociétés d’assurance sous sa tutelle de régler les sinistres prévus aux contrats et causés par la covid-19.

Les entreprises emploient des individus qui sont des consommateurs de produits d’assurance, notamment la couverture des risques liés à l’usage d’un véhicule. Il n’est cependant pas certain que ces deux hypothèses s’appliquent de manière prononcée concernant le Sénégal. Comme c’est le cas dans plusieurs pays africains, 85% des entreprises se retrouvent dans le secteur informel. Selon la plus récente enquête sur l’emploi et le secteur informel dans le pays, la contribution de celui-ci aux primes d’assurance ne représente que 5% du total du marché.

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La situation sénégalaise n’est pas exclusive en Afrique. La région a connu au cours de la dernière décennie, une croissance économique importante et la multiplication des risques. Pourtant, l’activité de couverture de ces risques y a progressé de manière assez fébrile. Le niveau record de 81 milliards $ de primes émises en 2008 n’a plus jamais été atteint sur la période de dix ans s’achevant en 2018.

Agence-Ecofin