Que ce soit en Europe, en Asie ou dans le reste du monde, la tendance à la reprise du trafic aérien se confirme, même si c’est en majorité sur les réseaux intérieurs et que le tout part d’un niveau très bas, avril ayant été le pire mois pour les compagnies aériennes depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Une animation publiée hier par le directeur général d’Eurocontrol Eamonn Brenann illustre parfaitement cette reprise sur le Vieux continent : elle est lente et progressive, mais la majorité des grands transporteurs – dont Air France-KLM et Lufthansa – annoncent une relance de routes beaucoup plus nette à partir de juillet. Selon l’IATA, les transporteurs d’Europe par exemple avaient vu la demande diminuer de 99,0% en avril, une chute brutale après le déclin de 53,8% en mars. La capacité a diminué de 97% et le coefficient d’occupation a perdu 58 points de pourcentage pour s’établir à 27,7%.

Même sur les sept derniers jours, l’augmentation du nombre de vols est nette selon Flightradar 24, de 10% par rapport à la semaine précédente et de 30% par rapport à il y a un mois :

L’IATA (Association du transport aérien international) a également annoncé que la demande de services aériens « commence à se rétablir après avoir atteint un creux en avril ». Le trafic de passagers au mois d’avril (mesuré en kilomètres-passagers payants, ou RPK) « a plongé de 94,3% par rapport à avril 2019 », les restrictions de voyage ayant pratiquement éliminé les voyages aériens intérieurs et internationaux. C’est un taux de contraction « jamais vu » depuis 1990 et le début de ses statistiques, souligne l’association.

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Mais les chiffres indiquent aussi que le nombre total de passagers quotidiens a augmenté « de 30% entre le creux du 21 avril et le 27 mai » ; il s’agit principalement de vols intérieurs et la croissance est calculé à partir d’une « très faible base (5,7 % de la demande de 2019) », précise l’IATA. Bien que cette reprise ne soit « pas considérable » au vu de la dimension mondiale de l’industrie aérienne, cela suggère néanmoins que « l’industrie a touché le fond de la crise, pourvu qu’il n’y ait pas de résurgence ». De plus, c’est le tout premier signe que l’aviation entame un processus sans doute long de rétablissement de la connectivité. L’IATA a calculé qu’à la première semaine d’avril, les gouvernements dans 75% des marchés surveillés avaient complètement interdit l’entrée sur leurs territoires, et 19% imposaient des restrictions limitées de voyage ou des exigences de quarantaine pour les arrivées internationales.

« Avril a été un désastre pour l’aviation, le trafic aérien ayant presque entièrement cessé. Mais avril pourrait aussi représenter le nadir de la crise. Le nombre de vols augmente. Les pays commencent à lever les restrictions à la mobilité. Et la confiance des milieux d’affaires semble s’améliorer dans les marchés clés comme la Chine, l’Allemagne et les États-Unis. Il y a des signes positifs, alors que nous commençons à rebâtir l’industrie qui était au point mort. Les premiers bourgeons mettront du temps à s’épanouir, peut-être même des années », a déclaré dans un communiqué Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA

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