L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio (2000-2009) estime qu’il est urgent que les dirigeants africains présentent à l’Assemblée générale de l’ONU ’’une motion de condamnation ferme’’ des violences infligées aux Noirs partout dans le monde.

’’Donc nous, ce qu’on aimerait voir, c’est que tous les pays africains à l’unanimité se présentent aux Nations unies, à l’Assemblée générale, pour soumettre une motion de condamnation ferme des violences infligées aux Noirs et aux Africains-Américains, aux États-Unis et partout dans le monde. Et cela nous semble extrêmement urgent et important’’, a-t-il déclaré ce venredi sur RFI.

Gadio était interrogé sur la mort de l’Afro-Américain George Floyd, 46 ans, tué par un policier de Minneapolis, le 25 mai.

Aux Etats-Unis, et dans de nombreux autres pays, des manifestants ont protesté ces derniers jours contre la mort de Gorge Floyd, dénonçant ainsi le racisme qui, selon eux, est à la base de la violence policière qui lui a coûté la vie.

Derek Chauvin, le policier blanc qui a mis son genou sur le cou de la victime, l’empêchant de respirer, a été inculpé pour homicide involontaire. Trois autres policiers ont été également mis aux arrêts dans cette affaire.

M. Gadio, député à l’Assemblée nationale du Sénégal, a souhaité voir les dirigeants africains dénoncer les pratiques racistes encore en cours dans le monde comme du temps de l’apartheid (régime de ségrégation raciale en Afrique du Sud).

’’Exactement, comme du temps où on luttait contre l’apartheid, parce que la souffrance des noirs, les mauvais traitements qui leur sont infligés au Brésil, en Chine et un peu partout dans le monde, cela continue. Il faut un coup de frein, un coup d’arrêt’’, a déclaré l’ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2012.

À LIRE  ONU/Afrique: L’allègement de la dette est un élément clé de la réponse au COVID-19

’’Mais absolument ! Ça suffit ! Ces noirs-là ont bâti l’Amérique avec leur sueur, avec leur sang. Il faut que ça cesse’’, a-t-il insisté.

Il a ajouté : ’’Il faut que l’Amérique comprenne globalement. Et quand je dis l’Amérique, bien entendu, il y a l’Amérique progressiste, l’Amérique des défenseurs des droits de l’homme, des démocrates blancs, noirs, couleur chocolat… Tout ce que l’on veut… Cette Amérique-là, il faut la soutenir de l’extérieur dans son combat, pour que l’Amérique soit une société équitable, juste, où tout le monde se sent tout à fait en sécurité partout’’.

Selon lui, ’’c’est cela qui manque à l’Amérique et le leadership qu’ils ont actuellement ne contribue pas dans cette direction’’.

APS-