Des manifestations violentes contre le couvre-feu instauré pour endiguer le coronavirus ont éclaté mercredi dans plusieurs villes du Sénégal, pour la seconde nuit consécutive, atteignant cette fois la capitale Dakar, alors qu’un assouplissement de l‘état d’urgence se profile malgré la progression de la maladie.

Pneus incendiés, jets de pierre sur les forces de l’ordre, grenades lacrymogènes… les mêmes scènes se répétaient, des quartiers populaires de la capitale à l’intérieur du pays, comme à Kaolack, selon des images diffusées par la chaîne SenTV et sur les réseaux sociaux.
Des témoins ont également fait état de manifestations à Nioro, près de la frontière gambienne. “Il y a des manifestations dans plusieurs coins de Dakar”, a déclaré à l’AFP une source de sécurité, citant notamment les quartiers de Niarry Tally, Médina et HLM.

Plus tôt dans la journée, le président Macky Sall avait une nouvelle fois “appelé les populations à veiller au respect scrupuleux des règles établies dans le cadre de l‘état d’urgence et de la lutte contre la pandémie de la Covid-19”, selon un communiqué diffusé après le conseil des ministres.
A cette occasion, le chef de l’Etat a aussi confirmé sa “stratégie d’assouplissement graduel des mesures restrictives” liées à l‘état d’urgence, notamment dans le secteur des transports.

Des précisions pourraient être apportées lors d’une conférence de presse jeudi dans ce pays qui a enregistré près de 4.000 contaminations et 45 décès dus au Covid-19.
Les manifestations avaient démarré mardi soir, sans dans un premier temps toucher la capitale, une ville de plus de 3 millions d’habitants qui est l‘épicentre de la maladie dans le pays.

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Manifestations nocturnes: le ministre explique la présence de l’armée

De nouvelles tensions ont été enregistrées au Sénégal dans la nuit dernière après les émeutes enregistrées la veille dans plusieurs régions. A Dakar, la capitale qui est l’épicentre du coronavirus, des jeunes sont sortis, en grand nombre dans certains quartiers, dans les rues pour protester contre les mesures édictées par les autorités dans le cadre de l’état d’urgence décrété par le président de la république Macky Sall en mars dernier pour stopper la propagation de la Covid-19.
La présence remarquée de l’armée
Plusieurs quartiers populaires de Dakar tels que Grand-Yoff, Niarry Tally et HLM ont été les foyers d’affrontements parfois violents entre les manifestants et les forces de l’ordre. La présence des éléments de l’armée auprès des forces de l’ordre a notamment suscité des inquiétudes auprès des populations. Un mouvement de protestation qui fait suite à celle de la journée du mardi 02 à Touba où les transporteurs ont manifesté dans le journée suivi par les jeunes de la localité dans la soirée. Le centre de traitement de la Covid-19 dans cette localité avait été pour rappel saccagée. Les manifestants ont également mis le feux à une ambulance.