Plus de 70 personnes ont été arrêtées dans plusieurs villes du pays suite à des manifestations très violentes.

Véhicules de police incendiées, hôpital attaqué… des manifestations pour réclamer la fin du couvre-feu ont éclaté depuis mardi dans plusieurs localités du Sénégal, où le chef d’une influente confrérie musulmane a lancé un appel au calme, ont indiqué mercredi 3 juin des témoins et un haut responsable sénégalais.

Dans la ville de Touba, siège de la puissante confrérie des mourides, à 200 km à l’est de Dakar, le bilan des événements de la nuit de mardi à mercredi est de «trois véhicules d’intervention de la police et une ambulance brûlés, le centre de traitement des malades du Covid-19 attaqué, les vitres de la (compagnie d’électricité) Senelec caillassées», a indiqué à l’AFP le haut responsable, qui a requis l’anonymat.

Des témoins ont rapporté que des bâtiments de la poste avaient également été «attaqués» à Touba et que des manifestants ont érigé des barricades et brûlé des pneus dans la ville voisine de Mbacké. Des manifestations ont aussi éclaté mardi à Tamba (est) et Thiès (ouest), selon des médias sénégalais. Le khalife général de la confrérie des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, est intervenu à la télévision au milieu de la nuit, un événement rarissime, pour demander l’arrêt des manifestations dans sa ville, deuxième agglomération du pays avec plus d’un million d’habitants.

Instauré le 23 mars par le président Macky Sall pour combattre le Covid-19, l’état d’urgence est jusqu’ici assorti d’un couvre-feu de 21H00 à 05H00 et d’une interdiction de circuler entre les régions. Il a été prolongé jusqu’à fin juin, même si le chef de l’Etat avait annoncé le 11 mai un assouplissement des mesures, comme l’ouverture des marchés et des commerces et la réouverture des lieux de culte.

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La rentrée scolaire, prévue mardi, a été reportée à la dernière minute à une «date ultérieure», après la découverte de la contamination de 10 enseignants en Casamance, dans le sud du pays. Alors que le Sénégal a déclaré près de 4000 cas et 45 décès dus au coronavirus, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une levée plus complète des restrictions. Elles invoquent le prix payé par les défavorisés dans un pays où environ 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale et où beaucoup vivent au jour le jour d’activités informelles. Une décision est attendue dans les prochains jours sur le maintien ou non des mesures décrétées dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

AFP-