Le conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une série de décaissements destinés à accompagner les pays de la CEDEAO dans la lutte contre les effets de la pandémie Covid-19. Dans cette panoplie, un montant de 22, 4 millions de dollars (13, 2 millions de FCFA) a été affecté aux pays à faible revenu de la zone CEDEAO. Il s’agit de la Gambie, du Niger et du Mali, tous appartenant à la zone de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Ce financement, décaissé en urgence est destiné à aider ces trois pays précités à renforcer leur résilience, dans le cadre de la lutte contre le COVID -19. D’abord, les pays recevront un décaissement de 9,55 millions de dollars. Ce montant servira à acheter des matériels tels que des thermo flash, des ventilateurs d’assistance respiratoire…

Ensuite, le reste soit 12, 83 millions de dollars, sera destiné à la formation du personnel de santé entre autres, à la mise en place d’un système d’alerte précoce informatisé et à l’achat des médicaments. Selon l’institution, en guise de réponse coordonnée et harmonisée de riposte sanitaire dans la région, les financements seront mise en œuvre par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), organisation spécialisée en santé de la CEDEAO.

Par ailleurs, la BAD a approuvé, le 30 mai 2020, un décaissement de 88 millions d’euros pour le Sénégal. Cet apport financier du Fonds d’intervention rapide COVID-19 de la Banque, permettra au pays d’appliquer un Programme d’urgence d’appui budgétaire à la riposte Covid-19 (PUARC), destiné à la lutte contre les effets sanitaires, sociaux et économiques de la crise sanitaire. Pour sa part, le Cap-Vert s’est vu octroyer 30 millions d’euros le 26 mai pour muscler sa réponse dans la lutte contre le covid-19 et ses implications sanitaires. A noter également, s’agissant de l’Afrique du Nord, que le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé le 25 mai 2020 une subvention d’aide d’urgence de 500000 $ à l’Égypte pour fournir des secours alimentaires et contribuer à restaurer les moyens de subsistance des populations vulnérables gravement touchées par COVID 19. De même, un financement de 264 millions d’euros a été accordé au Maroc dans le cadre de son programme d’appui à la réponse de Covid-19 (PARC-19).

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De même, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé , le 22 mai, un prêt de 188 millions d’euros pour soutenir les efforts du gouvernement du Kenya pour répondre à la pandémie de COVID-19 et atténuer les impacts économiques, sanitaires et sociaux qui en découlent. Un montant similaire (188 millions de dollars) a été accordé à Maurice.

En Afrique Australe, la Banque africaine de développement a approuvé, le 13 mai à Abidjan, à travers le FAD-14, l’octroi d’une subvention de 13,7 millions de dollars au Zimbabwe pour le financement de sa réponse à la pandémie du COVID-19.

« Les économies des pays en développement, malgré des années de grands progrès, restent extrêmement fragiles et mal préparées pour affronter cette pandémie. Elles risquent davantage de sombrer sous les lourdes pressions budgétaires qu’elles subissent aujourd’hui avec le coronavirus »,

le président de la Banque Akinwumi Adesina

Selon les estimations de la Banque, la pandémie pourrait entrainer une baisse du produit intérieur brut (PIB) africain de l’ordre de 22,1 à 88 milliards. Les conséquences du Covid-19 pourraient provoquer une contraction du PIB africain de 0,7 à 2,8 points de pourcentage en 2020, ajoutent les prévisions de la Banque.

COVID-19: la BAD mobilise 22 millions de dollars pour les pays de la zone CEDEAO 1
Akinwumi Adesina, le président de la Banque

« Le choc du COVID-19 réduira davantage la marge de manœuvre budgétaire du continent, étant donné que les déficits budgétaires devraient se creuser de 3,5 à 4,9 points de pourcentage et augmenter le déficit de financement de l’Afrique de 110 à 154 milliards de dollars supplémentaires en 2020 »

« Les économies des pays en développement, malgré des années de grands progrès, restent extrêmement fragiles et mal préparées pour affronter cette pandémie. Elles risquent davantage de sombrer sous les lourdes pressions budgétaires qu’elles subissent aujourd’hui avec le coronavirus », a expliqué le président de la Banque Akinwumi Adesina, dans une tribune libre publiée par CNN. La pandémie a déjà entraîné la baisse des recettes d’exportations des matières premières telles que le pétrole et le gaz ainsi que la chute des activités des secteurs du tourisme et des transports aériens. « Le choc du COVID-19 réduira davantage la marge de manœuvre budgétaire du continent, étant donné que les déficits budgétaires devraient se creuser de 3,5 à 4,9 points de pourcentage et augmenter le déficit de financement de l’Afrique de 110 à 154 milliards de dollars supplémentaires en 2020 », a mis en garde le président de la Banque.

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En tout, dans le cadre de la facilité, 5,5 milliards de dollars seront consacrés aux opérations souveraines dans les pays membres de la Banque, environ 3,1 milliards de dollars pour les opérations souveraines et régionales via les pays du Fonds africain de développement, le guichet de prêt à taux concessionnels du Groupe de la Banque dédiés aux pays fragiles. Une enveloppe de 1,35 milliard de dollars sera affectée aux opérations du secteur privé.

A ces mesures économiques s’ajoutent un appui significatif aux systèmes sanitaires africains à travers un don exceptionnel de deux millions de dollars de la Banque au Bureau pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la santé. Outre les campagnes de sensibilisation sur la pandémie, le don va permettre le renforcement des moyens de dépistage, une meilleure prise en charge des cas confirmés ainsi que l’acquisition des kits et des réactifs par les laboratoires d’analyses médicales. La Banque, par ces mesures qui visent à accroître la résilience des économies africaines face à la pandémie, démontre encore une fois son statut de première institution multilatérale de développement engagée auprès des pays du continent.