L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que les essais de l’hydroxychloroquine, médicament contre le paludisme, comme traitement possible du coronavirus, ont été interrompus en raison de craintes pour la sécurité sanitaire.

Cette décision prise samedi fait suite à la publication d’une étude la veille dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés contre le coronavirus.

Les essais dans plusieurs pays sont “temporairement” suspendus par mesure de précaution, a déclaré l’agence onusienne lundi. Cela fait suite à une étude médicale récente qui a suggéré que le médicament pourrait augmenter le risque de décès des patients atteints du Covid-19.

Le président Donald Trump a déclaré qu’il prenait ce médicament pour se protéger du virus.

Le président américain a fait la promotion du médicament à plusieurs reprises, contre l’avis des médecins et malgré les avertissements des responsables de la santé publique selon lesquels il pourrait causer des problèmes cardiaques.

La semaine dernière, une étude publiée dans la revue médicale The Lancet a déclaré qu’il n’y avait aucun avantage à traiter les patients atteints de coronavirus avec de l’hydroxychloroquine, et que la prise de ce médicament pourrait même augmenter le nombre de décès parmi les personnes hospitalisées.

L’hydroxychloroquine est sans danger pour le paludisme et des maladies comme le lupus ou l’arthrite, mais aucun essai clinique n’a recommandé son utilisation pour le traitement du Covid-19.

L’OMS, qui mène des essais cliniques sur divers médicaments pour évaluer ceux qui pourraient être bénéfiques dans le traitement de la maladie, a déjà fait part de ses préoccupations concernant des rapports faisant état de personnes qui s’adonnaient à une automédication qui pourrait leur causer de graves préjudices.

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« Il s’agit d’une mesure temporaire »

L’étude a analysé des données d’environ 96 000 patients infectés par le virus Sars-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15 000 d’entre eux ont reçu l’une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l’antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81 000 malades du groupe témoin n’ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menés par l’OMS et ses partenaires concernant l’hydroxychloroquine seront suspendus le temps que « les données » recueillies par les essais Solidarité « soient examinées », a indiqué M. Tedros. « Il s’agit d’une mesure temporaire », a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l’OMS. L’hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l’hydroxychloroquine est prescrite contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L’hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l’azithromycine. L’effervescence autour de l’hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s’en est fait l’apôtre, au point d’en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif. Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints. Lundi, le chef de l’OMS a tenu à rappeler qu’hydroxychloroquine et chloroquine « sont reconnues comme généralement sûres pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme ».

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