Au Sénégal, les préparatifs de la campagne agricole sont en cours. Dans la filière arachides.

Habib Thiam, président du Collectif des producteurs et exportateurs de graines d’arachides, se déclare satisfait . “[…] je pense que c’est une première. Parce que dès le mois de mai, le ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural a instruit la mise en place des semences. Parce qu’il faut d’abord procéder à la mise en place des semences avant leur distribution. Il a décrété la fin de la mise en place des semences pour ce 30 mai.

Cette innovation, c’est une rupture parce que d’habitude on attendait jusqu’au mois de juin pour faire la mise en place des semences”, souligne-t-il dans Sud Quotidien. Mais, prévient-il, “La distribution n’a pas encore commencé parce que les vivres destinés à l’aide alimentaire sont aussi déposés au niveau des magasins. Il va falloir une stratégie très intelligente pour qu’au moment de déstockage des vivres, on puisse amener les semences et au moment de finir les semences pouvoir mettre en place les intrants.”

Dans la région de Sédhiou, les opérations de mise en place des semences ont démarré jeudi, a indiqué le lendemain le directeur régional du développement rural de Sédhiou (DRDR), Oumar Mbengue. Le prix des engrais serait en baisse de 20% afin “de faciliter [leur] acquisition par les ménages ruraux déjà éprouvés par la prévalence du Covid-19”, rapporte notre confrère, et 1 413 tonnes (t) de semences d’arachides seraient en train d’être mises en sacs par les opérateurs : “Les échantillons sont déjà analysés et la confirmation des résultats est en attente”.

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Il en serait de même pour le maïs, le sorgho, le sésame et le fonio. Quant au riz, il est attendu, dans cette région, 5 075 t cette année contre 3 068 t l’année dernière. Il en est de même au Fouladou, mais “timidement” encore car on ressent la question du couvre-feu et l’interdiction du transport.

Dans la région de Diourbel, “le processus de mise en place des intrants agricoles est en cours.” Très concrètement, il s’agit de “la notification qui permet de constituer les commissions de cession des semences; des prix de cession qui sont connues et enfin les indications données à chaque opérateur pour la livraison des semences dont une bonne partie sont certifiées”, explique encore Sud Quotidien dans cette série d’articles portant sur la campagne qui démarre dans plusieurs régions du pays. Pour Pierre Diouf, directeur régional du développement rural de Diourbel, les prix des intrants ” ont connu une légère baisse alors que les subventions varient entre 57 et 37%.”

A Ziguinchor, “Le confinement a fini de paralyser toutes les activités de cette campagne agricole”. Notre confrère souligne une situation morose avec des “produits comme les mangues [qui] risquent de pourrir entre les mains des producteurs qui ne savent plus où vendre leurs produits”, des anacardiers qui “n’ont pas beaucoup produit” à cause d’un mauvais hivernage l’année dernière et pour laquelle la campagne de commercialisation est “timide”, “durement éprouvée par les conséquences du CoviD-19.”

“Le kilogramme de cajou s’échange actuellement à moins de 300 francs cfa . Les « gros clients” indiens et chinois sont absents cette année dans la filière anacarde qui essaie de sauver cette campagne agricole”.

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Dans la Vallée du fleuve Sénégal, les superficies en riziculture sont en hausse de 3 000 ha et totalisent cette année 49 000 ha, ce qui devrait donner 300 000 t de paddy à raison de 6 t/ha, selon les estimations du Comité interprofessionnel riz (Ciriz).