Au Sénégal, les mesures annoncées par le chef de l’Etat, Macky Sall, en début de semaine assouplissant l’état d’urgence, en particulier la réouverture des lieux de culte, ont fait couler beaucoup d’encre et focalisé l’attention de la presse nationale qui décortique, vendredi, les différentes positions des familles religieuses.

Le président sénégalais avait annoncé, lundi, un assouplissement de l’état d’urgence comprenant notamment la réduction de la durée du couvre-feu, la réouverture des lieux de culte et la reprise des cours dans les classes d’examen, le 2 juin prochain.

Sénégal: vive polémique autour de la réouverture des lieux de culte 1

Pour ce qui est de réouverture des lieux de culte, “le ministre de l’Intérieur, en rapport avec le ministre de la Santé et de l’Action sociale, engagera les consultations nécessaires à cet effet avec les guides spirituels et les associations religieuses, pour convenir des conditions et modalités”, avait souligné Macky Sall, dans une adresse à la nation.

“Réouverture des lieux de culte : Tivaouane (fief de la communauté tijane) dit non”, titre à ce sujet +Enquête+, notant que “beaucoup de familles religieuses et imams de moquées ont sorti des communiqués pour informer de leur décision de ne pas ouvrir les mosquées sous leur tutelle”.

“Après l’Eglise et la famille omarienne, c’est à Tivaouane de prendre hier la décision de maintenir la fermeture des lieux de culte placés sous la tutelle du khalife général des Tidjanes, Serigne Babacar Sy Mansour”, écrit la publication.

“Mosquées, églises, fermées ou ouvertes : Dieu reconnaîtra les Siens”, titre en Une +Sud Quotidien+, notant que “la décision de non-réouverture de certains lieux de culte, malgré les mesures d’allègement des restrictions ad hoc prises par le président de la République, lundi dernier, est en passe de se généraliser au Sénégal”.

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Selon le journal, après la Mosquée Omarienne (une autre branche de la confrérie tijane) et l’Eglise, c’est au tour de Tivaouane, de la Grande mosquée de Dakar et de la famille feu Madior Cissé de Saint-Louis de mettre les scelles sur leurs mosquées et autres daaras (écoles coraniques)”.

“Raison invoquée, explique le journal, les motifs pour lesquels les lieux de culte avaient été fermés sont toujours là et en pis, avec l’aggravation du nombre de cas et de décès de covid-19”.

“Prières collectives : la reprise qui divise”, peut-on lire à la Une de +WalfQuotidien+, notant que la mosquée Massalikoul jinaan, construite à Dakar par la communauté mouride, est “fin prête” pour accueillir les fidèles.

“Nous allons veiller à ce que les prieurs observent le mètre 50 entre eux à l’intérieur” de la moquée, selon le permanent de cet édifice religieux, Abdou Khadre Fall, cité par le journal.

En plus de l’effort du respect des mesures barrières, le prêche de l’imam donnera une bonne place au respect des règles d’hygiène, a-t-il dit, avant d’ajouter que “les gens vont être étonnés. Nous n’allons pas donner raison à ceux qui nous ont fustigés, on fera le maximum. C’est le défi”.

A ce jour, le Sénégal compte 2.310 cas de Covid-19 (avec 121 nouvelles contaminations ce vendredi), dont 890 guéris, 25 décès et 1394 patients sous traitement.