Après un coup d’arrêt suite la pandémie du Covid-19, la reprise du marché de la noix de cajou est sensible depuis deux semaines. La majorité des usines de transformation, en particulier au Vietnam et en Inde, ont repris leur activité provoquant une amélioration de la demande en noix de cajou brute africaine et des prix au niveau mondial et des producteurs locaux, souligne le spécialiste n’kalô.

Dans plusieurs pays de la sous-région, au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mali, le marché s’anime avec une concurrence accrue des acheteurs et dans certains cas les prix sont en légère hausse, s’approchant du prix minimum fixé au début de campagne. Ce n’est pas le cas chez le premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire, où seul les achats de 200 000 tonnes dans le cadre du programme gouvernemental respectent le prix officiel de FCFA 400 le kilo.

Les stocks chez les producteurs sont élevés et les besoins d’argent importants. Dans certains pays, comme la Gambie et le Sénégal, le marché est encore léthargique tandis qu’en Guinée Bissau, où l’Etat d’urgence est toujours en vigueur, la campagne de commercialisation n’a pas encore été ouverte officiellement.

Une belle demande en amande

Les amandes de cajou semblent plus que résister à la pandémie du Covid-19. Les importations d’amande des deux principaux marchés, les Etats-Unis et l’Europe, sur les mois de janvier et février sont en hausse respectivement de 16,2% et 13,8% par rapport à la même période en 2019.

Une tendance qui se poursuit sur le mois de mars si l’on prend les statistiques d’exportation du premier transformateur mondial, le Vietnam. En effet, selon les statistiques douanières, les exportations d’amande sont en hausse de 9% à 94 728 tonnes sur le premier trimestre 2020.

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Les augmentations les plus significatives se situent à destination du Canada (+57%), des Pays-Bas (+54%), de l’Allemagne (+39%), des Etats-Unis (+35%) mais aussi du Japon et des Emirats Arabes Unis mais les quantités sont moindres, de l’ordre de 1 000 tonnes contre 34 500 tonnes pour les Etats-Unis. En revanche, vers la Chine, qui fait partie des trois principales destinations des amandes vietnamiennes, les exportations ont chuté de 39% à 6 569 tonnes. Mais, il semble que les acheteurs chinois soient à nouveau présents sur le marché.

Avec une demande soutenue, les prix des amandes s’apprécient. Et, souligne n’kalô, l’industrie asiatique commence timidement à repasser des commandes de noix de cajou brutes africaines.

Un marché qui prend donc une tournure haussière mais nuance n’kalô « Même si la hausse devrait rester modérée dans les prochaines semaines car les producteurs détiennent d’importants stocks et l’offre va rester importante au moins jusqu’à la mi-mai, une hausse de prix accentuée sur la fin de campagne semble de plus en plus probable ».