Les pays exportateurs de pétrole ont convenu, dimanche soir, de “la plus grande baisse de production de l’Histoire”, en vue de faire remonter les prix du pétrole, en pleine pandémie de coronavirus.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires ont convenu, dimanche 12 avril, de la “plus grande baisse de production de l’Histoire”. L’objectif : faire remonter les prix du pétrole en pleine pandémie de Covid-19, et malgré les tensions entre la Russie et l’Arabie saoudite.

La réunion “s’est terminée par un consensus des producteurs de l’Opep+ sur les baisses de production à partir de mai”, a annoncé le ministre saoudien de l’Énergie, Abdul Aziz bin Salman, sur Twitter.

Un accord confirmé par son homologue koweitien, Khaled al-Fadhel, qui évoque quant à lui un accord “historique pour réduire la production des États membres de l’Opep+ de près de 10 millions de barils par jour, à dater du 1er mai”.

La représentante mexicaine Rocio Nahle Garcia a également salué sur Twitter “l’accord unanime des 23 pays participants”, parlant d’une “réduction de 9,7 millions de barils de pétrole” à partir de mai.

Reprise du dialogue entre Riyad et Moscou

“Même si les réductions de production sont inférieures à ce dont le marché avait besoin, le pire est pour l’instant évité”, estime Magnus Nysveen, analyse de Rystad Energy.

L’Opep avait repris dimanche une visioconférence débutée jeudi avec le cartel de l’Opep+ mené par la Russie, second producteur mondial.

Pour que ces discussions aient lieu, Riyad et Moscou ont dû réengager le dialogue après une guerre des prix enclenchée après leur dernière conférence, le 6 mars au siège de l’Opep à Vienne (Autriche).

À LIRE  le Sénégal et la Mauritanie signent un contrat d'achat et de vente du gaz

Les deux pays avaient été surpris entre-temps par la rapidité de la propagation du Covid-19, qui a pénalisé la demande ces dernières semaines, au moment où l’offre de brut était déjà fortement excédentaire.

Le président russe Vladimir Poutine, et le roi saoudien Salmane ont noté, dimanche soir, la “grande importance” de cet accord sur le pétrole, a fait valoir le Kremlin.

Cela “ne permettra pas de rétablir l’équilibre du marché”

Après de longues négociations, vendredi à l’aube, l’Opep et ses partenaires s’étaient entendus sur une réduction en mai et juin de la production mondiale à hauteur de 10 millions de barils par jour, selon l’Opep.

Cependant, le Mexique, trouvant excessif l’effort réclamé – la réduction de production de 400 000 barils par jour -, n’avait pas donné son feu vert à l’accord.

Rystad energy doute toutefois de la capacité des producteurs à soutenir les cours malgré l’accord. “Une réduction de 10 millions de barils par jour en mai et juin évitera aux prix de tomber dans un abîme, mais elle ne permettra toujours pas de rétablir l’équilibre du marché”, estiment ses analystes.

Trump salue “un très bon accord pour tous”

Premier producteur mondial, les États-Unis ne sont pas membre de l’alliance Opep+ mais “soutiennent l’accord”, favorable à leur industrie de pétrole de schiste, en grande difficulté.

Dimanche soir, le président américain Donald Trump a d’ailleurs salué “un très bon accord pour tous”.

Alors qu’ils tournaient encore autour de 60 dollars il y a quelques mois, les cours ont atteint en début de semaine dernière des niveaux plus vus depuis 2002.

À LIRE  Covid-19/DAKAR : RESTRICTIONS ET RENFORCEMENT DES CONTRÔLES

Le prix du baril selon le panier de l’Opep, qui sert de référence au cartel, se situait juste au-dessus de 21 dollars avant l’annonce de l’accord, alors que la moitié de l’humanité reste confinée.

AFP-