Au Sénégal, les célébrations de la fête de Pâques se dérouleront, à partir de ce vendredi, dans le contexte des restrictions occasionnées par la crise sanitaire du nouveau coronavirus qui ont amené responsables religieux et fidèles, à s’adapter.

La fête de Pâques qui intervient après 40 jours de carême, célèbre la Résurrection de Jésus-Christ après sa mort sur la Croix, un élément central de la foi chrétienne.

Les rassemblements étant interdits à cause de la pandémie du nouveau coronavirus, l’Eglise catholique compte sur le net et les médias pour la diffusion de la grande messe marquant la fête de pâques, selon le chargé de communication de l’Archidiocèse de Dakar, Abbé Baye Remis Diouf.

’’Pour ce qui est de l’Archidiocèse de Dakar, Mgr Benjamin et tous les autres Evêques ont interdit tout rassemblement, mais la célébration de l’eucharistie marquant la fête de pâques s’effectuera à travers les réseaux sociaux et les médias locaux’’, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’APS.

Selon lui, le Covid-19 étant une épreuve, vivifiant la qualité de la foi, il reste important de célébrer avec faste cette fête marquant la mort et la résurrection du Christ, malgré la situation.

’’Cet événement donne l’occasion de découvrir une autre réalité spirituelle chrétienne appelée l’Eglise domestique où tout ce qui se fait en famille, s’effectue sous la coupole de Dieu Lui-même’’, a-t-il expliqué.
Avec le concours des médias et en ligne, a poursuivi le Vicaire, les gens devront suivre toute l’eucharistie et les programmes prévus dans cette semaine sainte et l’événement pascal du dimanche.

L’Eglise sénégalaise, dans le sillage des recommandations et mesures arrêtées par les autorités, a annoncé depuis le 16 mars, la suspension provisoire des offices religieux à caractère public et d’autres événements drainant du monde.

‘’Nous, Evêques du Sénégal, portons à la connaissance de tous les fidèles catholiques et de nos diocèses (…), à compter de ce jour, mardi 17 mars 2020, la suspension provisoire des Offices religieux à caractère public comme les messes publiques, les chemins de croix publics durant le carême (…)’’, déclarait Monseigneur Paul Mamba.

L’Evêque de Ziguinchor qui lisait la déclaration de la province ecclésiastique de Dakar, lors d’une conférence de presse du Comité inter diocésain national des pèlerinages catholiques (CINPEC) avait également annoncé la suspension des mouvements d’action catholique, les répétitions de chorale, les catéchèses, les récollections, les assemblées de prière, etc.

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Monseigneur Paul Mamba avait invité ’’tous les fidèles à croire à la communion spirituelle devant la gravité d’une telle décision’’.

Il avait demandé ’’à tous de vivre ces moments d’épreuve en intensifiant la prière personnelle et en famille, au moins le dimanche à l’heure de la messe habituelle, en récitant régulièrement le chapelet, en pratiquant le jeune pour implorer la miséricorde de Dieu et la grâce de la conversion’’.

En cas d’obsèques, Monseigneur Paul Mamba avait demandé ’’à tous de se limiter uniquement à l’absoute, au cimetière, en présence de la famille restreinte’’, ajoutant que ’’des messes pour les défunts peuvent cependant être demandées’’.

’’Les églises demeurent ouvertes, dans la journée, pour les dévotions personnelles des fidèles, avec la possibilité de voir un prêtre pour les confessions’’, selon l’Evêque de Ziguinchor, ajoutant que ‘’les prêtres, quant à eux, porteront une attention particulière à l’endroit des malades de nos communautés par des visites, la confession et la communion à domicile’’.

Sont annulés ou reportés, ‘’jusqu’à une date plus favorable’’, les manifestations de la communauté catholique qui sont ‘’de nature à drainer beaucoup de monde’’ Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) prévues le 29 mars à Diourbel (centre), des kermesses diocésaines et paroissiales, et des pèlerinages catholiques.

Il s’agit à travers ces mesures de ‘’participer à la lutte contre l’expansion de la maladie due au coronavirus’’.

Selon le chargé de communication de l’Archidiocèse de Dakar, Abbé Baye Remis Diouf, l’Archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, développe un concept parallèle nommé ‘’la proximité spirituelle’’, visant à atteindre tous les fidèles à travers la toile.

’’L’office diocésain de l’information et de la communication (OFICOM), à travers ses différents canaux, fait des directs pour diffuser tous les programmes liés à ces festivités’’, a-t-il dit.

Les gens ne pouvant plus prier en communauté, ils sont touchés dans leur foi, selon le chargé de communication de l’Archidiocèse de Dakar, relevant que l’Eucharistie est le sommet et la source de toute la vie de l’église.

A l’en croire, cette période particulière permet d’explorer d’autres trésors, notamment celui de la communion spirituelle, à travers les plateformes de communication.

’’La pâques étant la fête la plus importante pour un chrétien, nous avons intérêt à le prendre comme tel et à ne pas se désarmer devant’’ cette situation née de la pandémie du Covid-19, a-t-il noté.

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Pour Abbé Baye Remis Diouf, cette période devra pousser ’’tout un chacun à le voir comme un test ou un exercice de fidélité à Dieu, en célébrant la journée’’.

Le chemin de croix prévu ce vendredi aura également lieu tout en respectant les mesures sanitaires, de distanciation et de restriction, prises par le ministère de l’Intérieur, a-t-il affirmé.

Le fameux plat de ‘’Ngalakh’’ partagé à l’occasion de la Pâques pourrait ne pas être au rendez-vous cette année.

Le partage du ’’Ngalakh’’, plat à base de mil, de pâte d’arachide et de bouye (fruit du baobab), organisé chaque vendredi saint par les catholiques sénégalais, ne se tiendra pas cette année sous son format habituel en raison des mesures restrictives dictées par la lutte contre la propagation du coronavirus.

Au Sénégal, à la veille de chaque week-end pascal, la communauté catholique, fait don de ce repas particulièrement aux musulmans du pays pour marquer la fin du carême.

’’On aurait aimé le faire, mais comme la situation ne le permet pas, le conseil des laïcs s’est réuni pour décider de différer le Ngalakh à tout moment de l’année, après ces événements’’, a déclaré l’Abbé Baye Remis Diouf, le chargé de communication de l’archidiocèse de Dakar dans un entretien avec l’APS.

’’S’il n’y a pas de communion, il n’y a pas de Pâques et, on ne peut, encore moins, penser au côté festif cette année’’ a déclaré à l’APS une fidèle catholique Médang Denise Zarour, mère de famille qui dit préparer la fête avec calme et sérénité.

Elle regrette cette année de ne pouvoir fêter la Pâques, ni de se rendre à l’église ou encore de procéder à la communion.

’’Je la fêterais ainsi sans tambours, ni trompette juste avec ma petite famille du fait de la crise sanitaire que nous vivons à l’échelle mondiale’’ a confié Mme Médang qui se désole de ne pouvoir prendre part aux différents offices du jour même si, il y a une plateforme virtuelle qui permet d’écouter les homélies et la messe.

’’Le seul fait de ne pas prendre part à l’Eucharistie me donne un pincement au cœur’’ relève-t-elle encore, disant tout de même, rendre grâce au Seigneur et prier pour que cette pandémie qui ‘’fixe ses règles à tout le monde soit rapidement maîtrisée’’.

APS-