Le débat sur l’interdiction des rassemblements et manifestations plus particulièrement religieuses enfle après l’annonce jeudi de nouveaux cas positifs de nouveau coronavirus (COVID-19), le Sénégal étant devenu le pays de l’Afrique de l’Ouest le plus touché par le COVID-19, avec au total 10 cas confirmés.

Jeudi, le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale a annoncé cinq nouveaux cas de nouveau coronavirus au Sénégal, chez des proches de l’émigré sénégalais rentré d’Italie et testé positif au COVID-19 mercredi. Il s’agit d’une toute première transmission locale sur le territoire sénégalais.

En outre, 71 personnes présentées comme des “contacts à haut risque” ont été identifiées et font l’objet d’un suivi des services sanitaires.

Les autorités sanitaires ont, à ce jour, répertorié 1041 contacts en attendant la liste des passagers ayant voyagé avec le sénégalais revenu d’Italie à bord d’un avion de la compagnie Royal Air Maroc.

Dans un entretien avec la presse locale, le président d’Amnesty international section Sénégal a demandé d’annuler ou de reporter les grands rassemblements prévus pendant ce mois de mars.

“L’Etat doit avoir le courage de demander aux chefs religieux d’annuler ou de reporter tous les grands rassemblements prévus pendant ce mois de mars. Dans la plupart des Etats en lutte contre ce virus ces mesures sont déjà en vigueur”, a-t-il dit.

Lui emboîtant le pas, le coordonnateur du Forum civil, section sénégalaise de Transparency international a affirmé que “les marabouts ne sont pas la police des frontières ni la gestion de l’ordre public”.

Il fait ainsi allusion aux nombreux événements religieux, jusque-là, maintenus, malgré la progression de la maladie dans le pays.

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Une dizaine de manifestations religieuses est prévue au courant du mois de mars. La communauté mouride, une des plus importantes du Sénégal, prépare le rassemblement du “Kazu Rajab”, une commémoration de son deuxième calife Serigne Fallou Mbacké, prévu le 22 mars à Touba.

Samedi, un grand retrait spirituel qui regroupe des fidèles venus du Sénégal et de la sous-région démarre.

Dans la nuit du jeudi au vendredi, Serigne Bass Abdou Khadr, porte-parole du calife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké a indiqué dans une déclaration radio-télévisée la décision de s’en référer à l’Etat du Sénégal pour toute décision de son ressort relatif à une éventuelle limitation des mouvements.

“Vous avez vu, l’Umrah est reportée. Personne n’est à l’abri d’une maladie. L’Islam conseille également d’écouter et de respecter les autorités (politiques). Donc il est important qu’on leur donne la place qui est la leur avec le respect qu’il faut. Et à ce titre, nous sommes à leur écoute (l’Etat et ses démembrements), notamment le ministère de la Santé”, a assuré le porte-parole du calife général des Mourides.

Les autres confréries religieuses n’ont pas fait de déclaration, alors que l’Eglise sénégalaise a invité les fidèles à éviter certains gestes.

Du côté des autorités sénégalaises, aucune décision n’est encore prise.

“Si les experts disent qu’il faut que le Sénégal arrête l’ensemble des événements religieux, nous allons poser le problème et prendre une décision en ce sens”, a prévenu mardi dernier le ministre sénégalais de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.

Inaugurant jeudi soir un établissement scolaire au centre-ville de Dakar, le président sénégalais Macky Sall a appelé les Sénégalais à éviter les poignées de main, les rassemblements, entre autres.

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“Nous sommes en face d’une maladie très sérieuse que nous devons prendre au sérieux, la maladie est au Sénégal. J’invite la communauté nationale et les étrangers qui vivent parmi nous à se conformer aux instructions des spécialistes, à éviter tout ce qui peut donner la maladie, à éviter aussi les rassemblements inutiles”, a exhorté le chef d’Etat sénégalais, tout en invitant les Sénégalais à faire très attention et à respecter les consignes sanitaires.