Présentes dans les bureaux, champs, usines, marchés, entreprises, etc., la proportion des femmes dans les instances politiques et de décision au Sénégal, comme du reste dans beaucoup de pays dans le monde, est encore moindre. Bien qu’une loi sur la parité soit votée depuis 2010, l’égalité homme-femme reste un combat de tous les jours. Une bataille menée à tous les niveaux par les femmes sénégalaises…

Le Sénégal a enregistré de grands acquis dans la lutte contre les violences et discriminations basées sur le genre. Au niveau international, notre pays a ratifié la majeure partie des instruments juridiques internationaux tels que la Convention sur l’Elimination de toute Formes de Discrimination à l’égard des femmes, la Convention des Droits des femmes, le protocole de Maputo

Au niveau national, nous notons de grandes avancées dans le domaine de l’égalité de genre : Pénalisation des violences domestiques, inceste, viol, harcèlement sexuel et mutilations génitales féminines, Adoption de la Stratégie Nationale d’Equité et Egalité du Genre (2016-2026) articulée dans le Plan Sénégal Emergent (PSE) Accompagnement à l’institutionnalisation du genre dans les ministères, audit genre ; installation de cellules genre des ministères.

Malgré ces avancées, des difficultés persistent notamment sur la représentation des femmes dans les médias l’art et la culture où les inégalités sont peintes dans un tableau noir qui renforce les stéréotypes.

Au Sénégal, les femmes représentent environ 52% de la population_ dans les médias, l’art et la culture, les femmes et les filles sont moulées dans les stéréotypes. Il sera ainsi difficile d’atteindre l’Egalité articulée dans le PSE et prévue d’ici 2030, si nous ne changeons pas la vie de des filles, des jeunes femmes et des femmes MAINTENANT

Cette discrimination ou inégalité dans le domaine culturel et médiatique relève de plusieurs facteurs traditionnels et sexistes qui réduisent la femme à « un INDIVIDU sans voix ».

Par exemple, certains garants de la tradition sénégalaise pensent toujours que « une femme ou une fille ne doit pas élever la voix ou prendre la parole en public », ce qui limite son évolution dans divers domaines, tel que celui musical. « Elle doit être invisible, se réserver pour son mari et être soumise », mais également « discrète et timide au regard des gens », pensent d’autres de nos concitoyens. Ainsi, lorsqu’elle prend la parole, c’est souvent pour faire des témoignages tandis que plus d’opportunités sont offertes à l’homme, vu que sa parole est reliée « au savoir » et sa parole confirme le savoir.

Malheureusement, nous notons que les médias contribuent à perpétuer ces idées déplorables. En effet, de plus en plus dans les médias, l’expert, le héros ou encore l’homme de la situation, c’est toujours… un homme ! Ceci renforce les stéréotypes et contribue au fait qu’à ce jour, malgré tous les facteurs prouvant la place centrale de la femme dans notre société, la pensée populaire la rend invisible alors qu’elle est le véritable acteur du développement du Sénégal. Dans la société sénégalaise, les femmes sont exhibées, mais leurs rôles dans la lutte contre les inégalités sont restreints. Ainsi, donner d’elles une image renvoyant au sexe ou la séduction, tend vers la « normalité », et paradoxalement, donner tous les rôles importants aux hommes, tend vers la « normativité »

  • Il est urgent de donner à ses 52% de femmes et de filles des chances égales pour Apprendre, Décider, Diriger et s’Epanouir !
  • Il est urgent de rendre visible les femmes et les filles dans les rôles de décision.
  • Il est urgent d’avoir des hommes, des garçons qui se battent et s’engagent aux cotés des filles et des femmes pour leur représentation égale dans les médias.
  • Il est urgent de donner à cette nouvelle génération de filles et de garçons la capacité de promouvoir des relations positives de pouvoir.
  • Il est urgent de combattre les stéréotypes, en donnant une place aux femmes dans les rôles principaux au niveau des médias, art et culture
  • Il est urgent de créer une dynamique de genre transformateur à travers l’octroi de poste stratégique et de direction aux femmes et aux filles ;
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Les filles et les femmes sont les agents du changement et ont le pouvoir de révolutionner le monde des médias, de l’art et la culture. Cette force ne devrait pas être étouffée par les stéréotypes qui rythment la vie des filles et des femmes « vulnérables, sans défense ».

Aujourd’hui l’unanimité est faite qu’il faut bannir les violences sexuelles, psychologiques, économiques, les violences sous toutes ses formes faites aux filles, aux jeunes femmes et aux femmes. Mais chacun de nous ignore les rôles de cause à effet de ce fléau social entre ces violences sous toutes ses formes et leur représentation à travers les médias.

Si tu es contre la violence basée sur le genre ton rôle est de promouvoir l’image et la représentation de la fille, la jeune fille et la femme dans les positions verbales ou écrites, les discussions, les réseaux sociaux et les médias de manière générale.

Nous avons tous applaudi la loi portant sur la criminalisation du viol et de la Pédophilie !!!

Travaillons ensemble sur les causes structurelles et profondes à l’origine des violences qui affectent l’épanouissement, l’explosion du talent et de l’énergie de la fille, la jeune femme et la femme.

ECLAIRAGE: IMPÉRATIF ÉCONOMIQUE

Le Secrétaire général de l’Onu, Ban-Ki Moon, l’a rappelé dans son message à l’occasion de la journée internationale de la femme. «Les pays dans lesquels les femmes sont traitées d’un pied d’égalité avec les hommes jouissent d’une meilleure croissance économique».

Autant dire que le changement de la situation des femmes n’est pas seulement un impératif éthique, elle s’impose aussi au nom du développement économique.

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Autrement dit, les principes de la liberté des femmes et de l’égalité des sexes ont fortement contribué au développement économique et social des pays occidentaux. Donnons donc à la femme la place qui lui revient de droit dans la société sénégalaise auprès des hommes pour l’équité sociale. Si bien sûr nous voulons devenir ce pays émergent que nous appelons de tous nos vœux. Pour y arriver, il faudrait définitivement se débarrasser de ses injustices, de ses discriminations, bref de ses résistances. En Espagne et en Norvège, on est arrivé, par la Loi et l’instauration des quotas, à contraindre les hommes à partager le pouvoir avec les femmes.

Au Sénégal, on ne va certainement pas en arriver là. Car déjà, dans la société traditionnelle, il y avait des droits acquis. Le pouvoir exercé par Ndieumbeuth Mbodj ou Santé Yalla, dans le Walo et Aline Sitoe Diatta en Casamance, montrent que le leadership féminin ne date pas d’aujourd’hui.

Du Code de la famille de 1972, à la parité dans les fonctions électives adoptée en 2010, en passant par l’autorité parentale, la transmission de la nationalité , l’intégration dans l’armée et les forces de l’ordre, les femmes sénégalaises ont obtenu de nombreux droits sur le chemin de l’égalité des sexes. Seulement, du point de vue historique, on ne devrait pas considérer ces nombreux acquis, non comme des conquêtes, mais peut être un juste rétablissement des droits des femmes.

Sur le plan sociologique, si le père incarne l’autorité, ses sœurs, les tantes (badianes) ont une autorité morale et une ascendance réelles qui peuvent influer sur les décisions du chef de famille sénégalaise. En tous les cas, le statut de la femme a beaucoup évolué au Sénégal. Dans plusieurs domaines certaines d’entre elles ont prouvé que le leadership féminin n’est pas un vain mot. Le Sénégal compte un vivier de femmes à haut potentiel. Elles ont d’ailleurs investi, en masse, les derniers bastions masculins de la vie professionnelle. Elles ont montré qu’on peut leur confier de hautes responsabilités. La police, le service militaire, la diplomatie, autrefois fois chasse gardée des hommes, leur ont largement ouvert leurs portes.

Il faut s’en convaincre définitivement, c’est toute l’histoire entre hommes et femmes qui a définitivement changé dans le monde. C’est évident, les femmes ne peuvent plus être les laissées pour compte dans la société. Les violences faites aux femmes, les mutilations génitales, les mariages forcés, le non accès à la terre, sont encore des citadelles à prendre, des bastions, de résistances à vaincre pour que la femme devienne un Homme comme tous les autres.

En définitive, défendre le rôle et la place de la femme, la moitié de l’Humanité, est un objectif pour ne pas dire un combat universel.

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