Le Sénégal s’est ‘’résolument’’ engagé dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, a souligné lundi la présidente de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Ramatoulaye Gadio Agne.

Le Sénégal a engagé dans la voie des actions correctives dans la mise en œuvre des obligations des entreprises et professions non financières désignées (EPNFD), afin de renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

LE SÉNÉGAL LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT D’ARGENT ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME 1
la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF),
Madame. Ramatoulaye Gadio Agne.

’’Au regard des lacunes constatées dans la mise en œuvre des obligations des entreprises et professions non financières désignées (EPNFD), le Sénégal s’est résolument engagé dans la voie des actions correctives’’, a-t-elle notamment déclaré.

Ramatoulaye Gadio Agne s’exprimait à l’occasion d’un petit déjeuner thématique organisé par Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest, (GIABA).

La rencontre qui a enregistré la participation d’une soixantaine d’acteurs des secteurs public et privé portait notamment sur ’’La problématique de la supervision effective des Entreprises et professions non financières désignées (EPNFD) dans la mise en œuvre efficace des mesures préventives de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT)’’.

L’objectif des organisateurs est de réunir des professionnels pluridisciplinaires autour des problématiques communes pour s’informer, échanger et partager des expériences en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme.

Selon la présidente de la CENTIF par ailleurs, présidente nationale du GIABA, ’’les EPNFD font partie intégrante du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (…)’’.

À LIRE  COVID-19: Sénégal enregistre à ce jour 99 cas confirmés dont 9 guéris

Ce concept (EPNFD), indique-t-elle, ’’couvre divers types de professions aux activités et services variés (immobilier notamment) auxquels s’appliquent les obligations de vigilance relatives à la clientèle ainsi que celles propres à la conservation des documents’’.

’’La première évaluation du système sénégalais de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, remontant en 2007, avait révélé des faiblesses tant dans l’appropriation des obligations par ces professionnels que dans le contrôle et la supervision de la mise en œuvre des règles en matières de LBC/FT’’,a dit Mme Agne.

Elle a ajouté que malgré les efforts de certaines professions, notamment notaires et les experts comptables accessoirement, ’’les constats n’ont pas varié’’.

’’La première évaluation du système sénégalais de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, remontant en 2007, avait révélé des faiblesses tant dans l’appropriation des obligations par ces professionnels que dans le contrôle et la supervision de la mise en œuvre des règles en matières de LBC/FT’’

Mme Agne.

Se félicitant du ’’leadership’’ et de la ’’bienveillance’’ de la présidente de la CENTIF, le directeur général du GIABA Kimlabalou Aba dit espérer que cette première activité co-organisée par les deux instituions puisse inaugurer une période ’’d’impulsion’’ de la mise en œuvre des recommandations formulées dans le rapport d’évaluation mutuelle du Sénégal, visant à ’’préserver l’utilisation abusive du secteur des EPNFD à des fins de blanchiments de capitaux et du financement du terrorisme.’’

’’Le GIABA en sa qualité d’institution spéciale de la CEDEAO et d’organe régional de style GAFI, reste fidèle à son mandat consistant à protéger les économies et le système financier des Etats membres’’, a-t-il encore fait valoir.

À LIRE  Covid-19/Sénégal: 71 nouveaux cas, 40 guéris, 12 cas graves, 1555 personnes sous traitement

A travers ce mandat, ajoute-t-il, ’’les actions du GIABA sont multiformes’’, allant du renforcement de la conformité des dispositifs nationaux de LBC/FT à l’évaluation de leur effectivité et efficacité sur la base de la méthodologie du groupe d’action financière internationale, entre autres.

Selon le DG du GIABA Kimlabalou ABA, à l’instar des institutions financières, ’’ces EPNFD doivent mettre en place un dispositif interne de prévention de la LBC/FT, et s’assurer de pouvoir détecter toute opération suspecte afin de la déclarer à la cellule de renseignement financier (CENTIF)’’.

’’Les standards internationaux de LBC/FT en l’occurrence les recommandations 22 et 23 du GAFI, imposent des obligations de vigilances et de diligence à l’endroit des EPNFD’’, a-t-il rappelé.