Doudou Ndiaye Rose, ce “magicien des tambours”est un percussionniste sénégalais né en 1930 à Dakar et mort en août 2015 dans la même ville.

Son instrument de prédilection est le sabar traditionnel, ainsi que ses nombreuses variantes (saourouba, assicot, bougarabou, meung meung, lamb, n’der, gorom babass et khine).

Classé “Trésor humain vivant” par l’UNESCO en 2006, Doudou Ndiaye Rose a enseigné les percussions traditionnelles et modernes à plusieurs générations de tambourinaires. Il est l’un des musiciens sénégalais les plus célèbres au monde.

Son approche de la percussion est innovante. Il a inventé de nouveaux rythmes, aisément accessibles, destinés à un public passionné mais néophyte, ce qui lui a permis d’établir sa réputation mondiale. Il a bouleversé les règles de la tradition en créant le premier groupe de femmes percussionnistes d’Afrique, Les Rosettes. Fait remarquable, car dans la tradition wolof, seuls les hommes sont habilités à jouer du tambour.

Il a aussi créé avec ses petits-fils Les Roseaux, un groupe d’enfants entre huit et douze ans

Doudou Ndiaye Rose a marqué le Sénégal de son empreinte et a partagé la scène avec de nombreux artistes dont Miles Davis, les Rolling Stones, des percussionnistes au Japon…

Son nom est associé aux défilés civils marquant la fête de l’Indépendance du Sénégal – célébrée chaque 4 avril – durant lesquels des majorettes marquent le rythme au son de ses percussions. Une composition faite à la demande du premier président sénégalais (1960-1980), Léopold Sédar Senghor, décédé en 2001.

Doudou Ndiaye Rose a régulièrement rendu hommage à Senghor, fervent défenseur de la Culture qu’il a souvent accompagné lors de ses visites à l’étranger et qui l’a régulièrement invité aux cérémonies et manifestations grandioses, comme le premier Festival mondial des arts nègres, en 1966 à Dakar. Autre souvenir marquant de la carrière du maître tambour, sa participation, avec son armée de batteurs, aux célébrations du Bicentenaire de la Révolution française à Paris en 1989.

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Mamadou dit Doudou Ndiaye Rose – ou Doudou Ndiaye Coumba Rose, comme il aimait aussi se faire appeler -, issu d’une famille de griots, était à la tête d’un orchestre de plusieurs dizaines de percussionnistes, dont plusieurs membres de sa famille. Il lui est arrivé d’aligner jusqu’à 250 percussionnistes lors d’une prestation.


En 2010, Il avait raconté qu’il avait dû batailler contre son père, comptable, qui refusait qu’il devienne musicien, un art qu’il a appris jusqu’au fin fond du Sénégal. “Je rencontrais les anciens pour qu’ils me transmettent ce langage très précis des percussions que tout le monde connaissait alors: comment annoncer qu’il y a un feu de brousse, qu’un serpent a piqué quelqu’un et quel genre de serpent, que la femme qui vient de se marier a rejoint la demeure conjugale et que son mari est content d’elle”, avait-il expliqué.

Le Sénégal lui doit la musique de son hymne national, l’africanisation du défilé des majorettes lors de la fête de l’indépendance.