Les autorités mauritaniennes et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont annoncé ce jeudi la mort d’au moins 58 migrants au large des côtes du pays. Ces derniers étaient à bord d’une embarcation qui a heurté un rocher. 85 personnes sont rescapées.

Le bateau était parti le 27 novembre de Gambie, petit pays de deux millions d’habitants, l’un de ceux qui connaissent le plus de départs en Afrique. Il tentait de gagner les îles Canaries, territoire espagnol et porte d’entrée vers l’Union européenne. Les survivants ont raconté aux employés de l’OIM qu’au moins 150 personnes avaient pris place à bord, dont des femmes et des enfants, et que le bateau n’avait plus assez de carburant alors qu’il approchait de la côte.

« L’embarcation a heurté un rocher en pleine mer, elle a commencé à prendre l’eau et le moteur s’est désagrégé. Ils n’étaient pas très loin du rivage, mais une forte houle les a empêchés d’atteindre la côte en bateau », indique une source sécuritaire mauritanienne. « Ils n’avaient plus de vivre à bord, ils avaient faim, ils avaient froid, donc ils ont quitté l’embarcation à la nage », explique la même source.

Le naufrage s’est produit à quelque 25 km au nord de la ville de Nouadhibou, à proximité de la frontière avec le Sahara occidental. Les blessés ont été transportés à l’hôpital de la ville. Les autorités mauritaniennes ont pris contact avec les services consulaires de Gambie et l’ambassadeur gambien est attendu sur place. Les victimes ont été enterrées près de Nouadhibou dans la nuit, sans attendre, selon les prescriptions musulmanes, et sans être identifiées.

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La route de l’Afrique de l’Ouest, par mer ou par terre, fut l’une des voies de migration privilégiées au milieu des années 2000. Les mesures prises par les autorités espagnoles ont réduit le flux. Les migrants africains ont davantage emprunté la route de la Méditerranée pour gagner l’Espagne, la Grèce ou l’Italie à bord d’embarcations de fortune.

Depuis deux ans, cependant, la route occidentale connaît une relatif regain en raison des mesures prises contre la migration transitant par la Libye. La Gambie est un « pays de départ », indique Florence Kim, pour plusieurs raisons : la pauvreté du pays, l’absence de foi dans l’avenir ou la pression familiale intense, comme au Sénégal voisin.

En dehors de la voie d’Afrique de l’Ouest ou des migrations par le désert, difficiles à quantifier, plus de 15.000 migrants sont morts en Méditerranée depuis 2014.- AFP