Le combat du panafricanisme que d’aucuns considèrent comme un concept dépassé, est devenu une urgence et une obligation pour la génération actuelle d’Africains, alors que le continent est menacé dans sa survie, a indiqué, samedi à Thiès, le Docteur Cheikh Tidiane Gadio, directeur de l’Institut panafricain de stratégie (IPS).

“La question du Panafricanisme, avant c’était une volonté politique, aujourd’hui, c’est une urgence”, a dit M. Gadio, estimant qu’il est devenu un ’’choix obligatoire, parce que l’Afrique est aujourd’hui menacée dans sa survie’’.

Il animait une conférence publique à la Chambre de commerce, à l’initiative du mouvement “Alternative citoyenne And Sopi Thiès’’. Un public jeune, constitué d’étudiants, de rappeurs, entre autres, a pris part à la rencontre.

Pour lui, “une monnaie commune africaine, une armée commune africaine, une diplomatie commune africaine, un commerce extérieur et intra-africain commun africain, sont tous à faire et le plus rapidement possible”.

Vu ses importantes ressources, l’Afrique, avenir stratégique du mon’’, fait l’objet de toutes les convoitises.

Il déplore l’existence d’un projet d’‘’hyper-balkanisation’’ de l’Afrique, après que le système colonial l’a scindée en des Etats non viables.

Ce nouveau fractionnement du continent, a-t-il dit, a commencé avec la création de deux Etats au Sud-Soudan, la ‘’volonté de diviser le Mali’’, en créant l’Azawad, de ‘’casser’’ la fédération nigériane, ainsi que la République démocratique du Congo en dix Etats, ou encore de ‘’séparer’’ la Casamance du Sénégal.

A cela, s’ajoute une nouvelle donne. ‘’L’internationale terroriste a compris que l’Afrique est le continent le plus vulnérable au monde’’ et est venue ‘’demander sa part’’ des immenses terres, de l’eau, des forêts et de ressources naturelles de l’Afrique, a-t-il affirmé. Il a évoqué les attaques sur le Mali, le Burkina et la RDC, indiquant que le tout est combiné avec une économie criminelle

À LIRE  Décès de Chadwick Boseman, acteur principal de «Black Panther»

‘’Ceux qui vous disent que tout ça (le panafricanisme), est un rêve et qu’il faut construire nos Etats, ce sont eux qui vous trompent’’, ‘’Il y a une urgence africaine, c’est l’unité’’, a poursuivi le conférencier, décrivant l’Agenda 2063 pour arriver à l’unité africaine, comme relevant de ‘’l’afro-pessimisme pur et dur’’.

‘’Il est temps que l’Afrique comprenne que si on continue comme ça, c’est nous même qui allons mener l’Afrique à sa perte’’, ajoute M. Gadio, convaincu que seul, aucun pays africain ne peut s’en sortir.

‘’Le refus du panafricanisme n’a jamais marché, ne marche pas et ne marchera jamais’’, clame-t-il.