Les travaux de réhabilitation du barrage hydro-agricole d’Affiniam en Casamance (sud du Sénégal), confiés à la société chinoise CREC 8, ont été officiellement lancés ce mercredi.

Le Sénégal et la Chine ont signé dix accords de coopération portant sur plusieurs domaines économiques et techniques, dont la réhabilitation du barrage d’Affiniam, au cours de la visite d’Etat du président chinois Xi Jinping en juillet 2018.

Au cours de la cérémonie de lancement officiel des travaux, l’ambassadeur de la Chine au Sénégal, Zhang Xun, a déclaré que “le barrage d’Affiniam traduit le symbole de l’amitié traditionnelle entre le Sénégal et la Chine”.

Le diplomate chinois s’est dit convaincu que “les travaux seront accomplis avec satisfaction et dans quelques mois”, ajoutant que “le Sénégal aura un nouveau barrage qui va participer à la relance de l’agriculture dans cette partie sud du Sénégal”.

Zhang Xun a assuré que “tout se fera dans les meilleures normes” et que “les délais de construction sont évalués à six mois”.

Le ministre sénégalais de l’Agriculture et de l’Equipement, Moussa Baldé, s’est félicité de la “coopération sino-sénégalaise riche d’expériences en matière de riziculture, notamment ici en Casamance où les populations sont détentrices d’un savoir-faire précieux dans ce domaine”.

“Plus de 11.000 hectares de terres seront désormais valorisées et l’agriculture sera diversifiée. Dans six mois, les travaux seront achevés, au grand bonheur de nos populations qui vont pouvoir jouer leur partition dans le cadre de l’autosuffisance en riz”, a-t-il salué.

Cet ouvrage hydro-agricole a été construit en 1988 par la Chine. Il a pour objectif de réduire la remontée du sel dans les rizières, de contribuer à la mise en valeur d’environ 12.000 hectares et d’améliorer la sécurité alimentaire.

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Après quelques années de fonctionnement, le barrage d’Affiniam a connu un arrêt dans son fonctionnement entraînant plusieurs conséquences socio-économiques et des récriminations de la part des populations riveraines.

C’est un ouvrage érigé sur une vallée communément appelée le marigot de Bignona, un affluent de la rive droite du fleuve Casamance qui polarise plusieurs rivières d’une longueur de 88 Km dont 68 Km soumis à l’influence des marées. Le bassin versant du marigot a une superficie de 620 Km2 alors que la superficie brute des bas-fonds en amont du barrage est de 11 480 hectares dont 5600 ha envahis par la langue salée.

L’ouvrage dispose de plusieurs composantes dont un évacuateur de crues muni de cinq vannes, un passage d’embarcation qui est une voie de navigation à pente inclinée qui permet le déplacement de pirogues, un barrage de bouchure situé sur l’ancien lit du marigot et d’une digue contre la marée d’une longueur de 3970 mètres et qui barre la zone inondable de la vallée.

“Au milieu des années 1970, la Casamance a connu une longue période de sécheresse qui a eu comme conséquence une avancée prolongée de la langue salée dans les rizières, un lessivage insuffisant des terres et un abandon des terres rizicultivables”, a rappelé Moussa Baldé, le ministre de l’Agriculture au cours de la cérémonie officielle de lancement des travaux.

Il a aussi indiqué le “vaste programme de construction de barrages et de digues anti-sel en vue de sécuriser et de protéger les productions en réponse à ce fléau de sécheresse des années 1970”.

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Moussa Baldé s’est félicité de la “coopération sino-sénégalaise riche d’expériences en matière de rizicultures, notamment ici en Casamance où les populations sont détentrices d’un savoir-faire précieux dans le domaine”.

Les responsables de l’entreprise chinoise CREC-8 qui a gagné le marché ont assuré de la bonne conduite des travaux et du respect des délais prescrits. “Nous allons dépasser les attentes des clients avec une gestion scientifique du projet, des améliorations continues, des fournitures de produits de qualité et une utilisation de techniques avancées”, a fait prévaloir Wang Zheng Bo, l’un des responsables de CREC-8.

“Tout se fera dans les meilleures normes. L’ouvrage sera achevé dans le délais prescrits. Les délais de construction sont évalués à six mois. Cela va relancer les activités agricoles dans cette région belle et pittoresque”, a assuré l’ambassadeur de la Chine au Sénégal, Zhang Xun.

Le ministre Moussa Baldé a promis aux populations une politique de valorisation de l’ouvrage avec “la mise en place d’aménagements secondaires constitués de périmètres irrigués couplés à des blocs maraîchers féminins”.